chansons - poésies
***
Au frais vallon
Nous allions, tous deux, passant sous les branches;
Les rameaux tremblaient sur nos fronts joyeux;
Dans l'herbe riaient les fleurettes blanches;
Les oiseaux chantaient!...Nous étions heureux!
*
Nous allions, tous deux, charmés de la fête
Qu'ils donnaient pour nous, ces hêtres bénis!
Et pour célébrer un baiser honnête
Le ruisseau disait des airs infinis!
*
Nous étions, tous deux, oublieux du monde,
Grisés de parfum, sous un amandier .
Le soleil versait une couleur blonde
Dorant les lacets de l'étroit sentier.
*
Et son seul refrain était "Oui je t'aime"!
Sans ton cher baiser je pensais mourir!
Tu le vois, je vis, la nature même
Me dit "Vis encore! Vis pour le chérir!"
*
Depuis, j'ai rêvé tout seul, sous les branches;
Les rameaux tremblaient sur mon front courbé;
Dans l'herbe riaient les fleurettes blanches;
Les oiseaux chantaient!...J'tais désolé.
Werther
29 - 1 - 1891
Alger Mondain - B.N bibliothèque F Mitterrand
***
Tendresses
Il neigeait de l'avril dans la lumière blonde,
Et le soleil planait parmi des flocons bleus;
Les cétoines s'aimaient dans les roses profondes,
Et les roses chantaient le long des chemins creux!
*
C'est ce jour - là, Manon, que tous seuls à la ronde,
Nous errions dans les bois, comme nous amoureux;
Héroïne des temps des rois et de la Fronde,
tu marchais devant moi d'un air aventureux!
*
Or, Manon, c'est ce jour, enfin comme une aurore,
Que mon cœur te parlant d'amour et de beauté,
Je t'ai pris un baiser que l'écho trop sonore
Refléta longuement dans le bois enchanté!
Et mes lèvres en ont le doux parfum, encore,
Comme un parfum d'orage après un jour d'été.
Augustin Vialar
1900
La Revue Algérienne...
B.N Bibliothèque Fr Mitterrand
***
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Au frais vallon
Nous allions, tous deux, passant sous les branches;
Les rameaux tremblaient sur nos fronts joyeux;
Dans l'herbe riaient les fleurettes blanches;
Les oiseaux chantaient!...Nous étions heureux!
*
Nous allions, tous deux, charmés de la fête
Qu'ils donnaient pour nous, ces hêtres bénis!
Et pour célébrer un baiser honnête
Le ruisseau disait des airs infinis!
*
Nous étions, tous deux, oublieux du monde,
Grisés de parfum, sous un amandier .
Le soleil versait une couleur blonde
Dorant les lacets de l'étroit sentier.
*
Et son seul refrain était "Oui je t'aime"!
Sans ton cher baiser je pensais mourir!
Tu le vois, je vis, la nature même
Me dit "Vis encore! Vis pour le chérir!"
*
Depuis, j'ai rêvé tout seul, sous les branches;
Les rameaux tremblaient sur mon front courbé;
Dans l'herbe riaient les fleurettes blanches;
Les oiseaux chantaient!...J'tais désolé.
Werther
29 - 1 - 1891
Alger Mondain - B.N bibliothèque F Mitterrand
***
Tendresses
Il neigeait de l'avril dans la lumière blonde,
Et le soleil planait parmi des flocons bleus;
Les cétoines s'aimaient dans les roses profondes,
Et les roses chantaient le long des chemins creux!
*
C'est ce jour - là, Manon, que tous seuls à la ronde,
Nous errions dans les bois, comme nous amoureux;
Héroïne des temps des rois et de la Fronde,
tu marchais devant moi d'un air aventureux!
*
Or, Manon, c'est ce jour, enfin comme une aurore,
Que mon cœur te parlant d'amour et de beauté,
Je t'ai pris un baiser que l'écho trop sonore
Refléta longuement dans le bois enchanté!
Et mes lèvres en ont le doux parfum, encore,
Comme un parfum d'orage après un jour d'été.
Augustin Vialar
1900
La Revue Algérienne...
B.N Bibliothèque Fr Mitterrand
***
Que serais - je sans toi
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.
Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Louis Aragon - Jean Ferrat
****
Comme ils disent
J'habite seul avec maman
Dans un très vieil appartement
Rue Sarasate
J’ai pour me tenir compagnie
Une tortue, deux canaris
Et une chatte
Rue Sarasate
J’ai pour me tenir compagnie
Une tortue, deux canaris
Et une chatte
*
Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j’essuie
A l’occasion je pique aussi
A la machine
Pour laisser maman reposer
Très souvent je fais le marché
Et la cuisine
Je range, je lave, j’essuie
A l’occasion je pique aussi
A la machine
*
Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier, c’est la nuit
Que je l’exerce, travesti
Je suis artiste
Le travail ne me fait pas peur
Je suis un peu décorateur
Un peu styliste
Mais mon vrai métier, c’est la nuit
Que je l’exerce, travesti
Je suis artiste
*
J'ai un numéro spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n’en croient pas leurs yeux
Je suis un homo
Comme ils disent
*
Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là, on s’en donne à cœur joie
Et sans complexe
J'ai un numéro spécial
Qui finit en nu intégral
Après strip-tease
Et dans la salle je vois que
Les mâles n’en croient pas leurs yeux
Je suis un homo
Comme ils disent
*
Vers les trois heures du matin
On va manger entre copains
De tous les sexes
Dans un quelconque bar-tabac
Et là, on s’en donne à cœur joie
Et sans complexe
*
On déballe des vérités
Sur des gens qu’on a dans le nez
On les lapide
Mais on le fait avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d’acide
On déballe des vérités
Sur des gens qu’on a dans le nez
On les lapide
Mais on le fait avec humour
Enrobé dans des calembours
Mouillés d’acide
*
On rencontre des attardés
Qui pour épater leur tablée
Marchent et ondulent
Singeant ce qu’ils croient être nous
Et se couvrent les pauvres fous
De ridicule
Qui pour épater leur tablée
Marchent et ondulent
Singeant ce qu’ils croient être nous
Et se couvrent les pauvres fous
De ridicule
*
Ca gesticule et parle fort
Ca joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi les lazzis, les quolibets
Me laissent froid puisque c’est vrai
Je suis un homo
Comme ils disent
*
A l’heure ou naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
Ca gesticule et parle fort
Ca joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi les lazzis, les quolibets
Me laissent froid puisque c’est vrai
Je suis un homo
Comme ils disent
*
A l’heure ou naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
*
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire
*
Ma bouche n’osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l’objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Aux lits des femmes
Ma bouche n’osera jamais
Lui avouer mon doux secret
Mon tendre drame
Car l’objet de tous mes tourments
Passe le plus clair de son temps
Aux lits des femmes
*
Nul n’a le droit en vérité
De me blâmer, de me juger
Et je précise
Que c’est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homo
Comme ils disent
Nul n’a le droit en vérité
De me blâmer, de me juger
Et je précise
Que c’est bien la nature qui
Est seule responsable si
Je suis un homo
Comme ils disent
Charles Aznavour
*
Le Chant des Partisans
Ami, entends-tu Le vol noir des corbeaux Sur nos plaines? Ami, entends-tu Les cris sourds du pays Qu'on enchaîne?
* Ohé! partisans, Ouvriers et paysans, C'est l'alarme! Ce soir l'ennemi Connaîtra le prix du sang Et des larmes!
* Montez de la mine, Descendez des collines, Camarades! Sortez de la paille Les fusils, la mitraille, Les grenades...
* Ohé! les tueurs, A la balle et au couteau, Tuez vite! Ohé! saboteur, Attention à ton fardeau: Dynamite!
* C'est nous qui brisons Les barreaux des prisons Pour nos frères, La haine à nos trousses Et la faim qui nous pousse, La misère...
* Il y a des pays Ou les gens au creux de lits Font des rêves; Ici, nous, vois-tu, Nous on marche et nous on tue, Nous on crève.
* Ici chacun sait Ce qu'il veut, ce qui'il fait Quand il passe... Ami, si tu tombes Un ami sort de l'ombre A ta place.
* Demain du sang noir Séchera au grand soleil Sur les routes. Sifflez, compagnons, Dans la nuit la Liberté Nous écoute...
*
Maurice Druon -
traduction d'un hymne Russe
****
Le Chant des Partisans
Ami, entends-tu Le vol noir des corbeaux Sur nos plaines? Ami, entends-tu Les cris sourds du pays Qu'on enchaîne?
* Ohé! partisans, Ouvriers et paysans, C'est l'alarme! Ce soir l'ennemi Connaîtra le prix du sang Et des larmes!
* Montez de la mine, Descendez des collines, Camarades! Sortez de la paille Les fusils, la mitraille, Les grenades...
* Ohé! les tueurs, A la balle et au couteau, Tuez vite! Ohé! saboteur, Attention à ton fardeau: Dynamite!
* C'est nous qui brisons Les barreaux des prisons Pour nos frères, La haine à nos trousses Et la faim qui nous pousse, La misère...
* Il y a des pays Ou les gens au creux de lits Font des rêves; Ici, nous, vois-tu, Nous on marche et nous on tue, Nous on crève.
* Ici chacun sait Ce qu'il veut, ce qui'il fait Quand il passe... Ami, si tu tombes Un ami sort de l'ombre A ta place.
* Demain du sang noir Séchera au grand soleil Sur les routes. Sifflez, compagnons, Dans la nuit la Liberté Nous écoute...
*
Maurice Druon -
traduction d'un hymne Russe
Le temps des cerises
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et guai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête ;
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au coeur...
Quand nous chanterons le temps des cerises,
sifflera bien mieux le merle moqueur.
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille !
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sur la feuille en gouttes de sang !...
Mais il est bien court le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !
Quand nous serons au temps des cerises,
si vous avez peur des chagrins d'amour,
Evitez les belles.
Moi qui ne craint pas les peines cruelles,
je ne vivrais poimt sans souffrir un jour...
Quand nous en serons au temps des cerises,
vous aurez aussi vos peines d'amour.
J'aimerai toujours le temps des cerises ;
C'est de ce temps là que je garde au coeur
Une plaies ouverte ;
Et Dame fortune, en m'étant offerte,
ne pourra jamais fermer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur
*
Jean-Baptiste Clément
***
Le Plat Pays
Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues,
Et de vagues rochers que les marées dépassent,
Et qui ont à jamais le coeur à marée basse.
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent d'ouest écoutez le tenir
Le plat pays qui est le mien.
*
Avec des cathédrales pour uniques montagnes,
Et de noirs clochers comme mats de cocagne
Ou des diables en pierre décrochent les nuages,
Avec le fil des jours pour unique voyage,
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir,
Avec le vent de l'est écoutez le vouloir,
Le plat pays qui est le mien.
*
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu,
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu,
Avec un ciel si bas qu'il faut lui pardonner.
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler,
Avec le vent du nord écoutez le craquer,
Le plat pays qui est le mien.
*
Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut,
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot,
Quand les fils de Novembre nous reviennent en Mai,
Quand la plaine est fumante et tremble sous Juillet,
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé,
Quand le vent est sud écoutez le chanter,
Le plat pays qui est le mien.
*
Jacques Brel
***
La Femme Est L'avenir De L'homme
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible
Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre
Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Jean Ferrat
****
La Femme Est L'avenir De L'homme
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible
Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre
Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible
Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme
Jean Ferrat
****
le Déserteur*
Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
*
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir.
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir.
*
Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer de pauvres gens.
Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer de pauvres gens.
*
C'est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m'en vais déserter.
*
Depuis que je suis né,
J'ai vu mourir mon père,
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants.
C'est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m'en vais déserter.
*
Depuis que je suis né,
J'ai vu mourir mon père,
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants.
*
Ma mère a tant souffert
Qu'elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Ma mère a tant souffert
Qu'elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers.
*
Quand j'étais prisonnier,
On m'a volé ma femme,
On m'a volé mon âme,
Et tout mon cher passé.
Quand j'étais prisonnier,
On m'a volé ma femme,
On m'a volé mon âme,
Et tout mon cher passé.
*
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes,
J'irai sur les chemins.
*
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France,
De Bretagne en Provence
Et je crierai aux gens:
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes,
J'irai sur les chemins.
*
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France,
De Bretagne en Provence
Et je crierai aux gens:
*
«Refusez d'obéir,
Refusez de la faire,
N'allez pas à la guerre,
Refusez de partir.»
«Refusez d'obéir,
Refusez de la faire,
N'allez pas à la guerre,
Refusez de partir.»
*
S'il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président.
S'il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président.
*
Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer.
Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer.
Boris Vian - Mouloudji
*nb - il peut paraître inconvenant, au 1er abord, de mêler ce poème avec celui du chant des Partisans. Si ce chant a été mis c'est qu'il s'adresse, pour moi, aux guerres coloniales d'indépendance. Le mandat donné à la France n'était pas de faire la guerre aux peuples, mais de les préparer à assumer leur destin. Sa mission était celle d'un père avec ses enfants, d'un enseignant envers ses élèves. La France pouvait réaliser cette mission avec M Ferhat Abbas en Algérie et M Ho Chi Min en Indochine. Elle a fait le choix de la guerre et préféré laisser se faire tuer ses militaires par la guérilla pour enfin se retirer. Refuser de s'engager était, alors, un acte citoyen fidèle au mandat qu'avait reçu la France.
*nb - il peut paraître inconvenant, au 1er abord, de mêler ce poème avec celui du chant des Partisans. Si ce chant a été mis c'est qu'il s'adresse, pour moi, aux guerres coloniales d'indépendance. Le mandat donné à la France n'était pas de faire la guerre aux peuples, mais de les préparer à assumer leur destin. Sa mission était celle d'un père avec ses enfants, d'un enseignant envers ses élèves. La France pouvait réaliser cette mission avec M Ferhat Abbas en Algérie et M Ho Chi Min en Indochine. Elle a fait le choix de la guerre et préféré laisser se faire tuer ses militaires par la guérilla pour enfin se retirer. Refuser de s'engager était, alors, un acte citoyen fidèle au mandat qu'avait reçu la France.
****
Nuit et brouillard
Nuit et brouillard
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Qui partaient, tremblants, dans ces wagons plombés, Et déchiraient la nuit de leurs ongles battants, Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent. * Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres: Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés. Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre, Ils ne devaient jamais plus revoir un été * La fuite monotone et sans hâte du temps, Survivre encore un jour, une heure, obstinément Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir. * Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel, Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou, D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel, Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux. * Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage; Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux? Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge Les veines de leurs bras soient devenus si bleues. * Les Allemands guettaient du haut des miradors, La lune se taisait comme vous vous taisiez, En regardant au loin, en regardant dehors, Votre chair était tendre à leurs chiens policiers. * On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours, Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour, Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire, Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare. * Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter? L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été, Je twisterais les mots s'il fallait les twister, Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez. * Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers, Qui partaient, tremblants, dans ces wagons plombés, Et déchiriez la nuit de vos ongles battants, Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent. | |
| Jean Ferrat **** | |
Il suffisait de presque rien
Serge Reggiani
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